Créer son entreprise en France quand on est étranger

Oui, il est possible d'entreprendre en France avec un titre de séjour — à condition d'avoir le bon titre. Voici les cartes qui le permettent, les règles pour les étudiants, les démarches de création et les aides gratuites.

✓ Vérifié le 17/08/2026 — sources officielles en bas de page

L'essentiel

Quels titres de séjour permettent d'entreprendre ?

Si vous résidez déjà en France, la fiche officielle « Un étranger peut-il créer une entreprise en France ? » (Service-Public Entreprendre) liste les titres permettant d'exercer une activité indépendante :

Titre de séjourDuréePour qui
Carte « entrepreneur/profession libérale »1 an, renouvelable (puis carte pluriannuelle de 4 ans possible)Activité commerciale, artisanale, industrielle ou libérale exercée à titre principal
Carte « recherche d'emploi ou création d'entreprise »1 an, non renouvelableNotamment jeunes diplômés en France souhaitant créer une entreprise en lien avec leur formation
Carte « talent — porteur de projet » (création d'entreprise)4 ans maximumProjet de création avec investissement d'au moins 30 000 € et ressources au moins égales au SMIC
Carte de résident / résident longue durée-UE10 ans, renouvelableAutorise l'exercice de la profession de son choix
Certificat de résidence (ressortissants algériens)Selon le certificatRégime spécifique de l'accord franco-algérien, selon la mention portée

ℹ️ Vous avez une autre carte (par exemple « vie privée et familiale », qui « vous autorise à travailler » selon Service-Public) ? Vérifiez la mention exacte figurant sur votre titre et, en cas de doute sur l'activité indépendante, renseignez-vous auprès de votre préfecture avant de vous immatriculer.

Zoom : la carte « entrepreneur/profession libérale »

Zoom : la carte « talent — porteur de projet »

Étudiant : micro-entreprise, ce qui est permis et interdit

Créer son entreprise : la démarche pas à pas

  1. Vérifiez votre droit d'entreprendre Contrôlez la mention de votre titre de séjour ; si nécessaire, demandez d'abord le bon titre ou un changement de statut en préfecture.
  2. Préparez le projet Étude du marché, business plan, budget prévisionnel — faites-vous accompagner gratuitement (BGE, Adie, CitésLab, CCI/CMA, voir plus bas).
  3. Choisissez la forme juridique Micro-entreprise (formalités simplifiées), entreprise individuelle ou société (SASU, EURL…). Le choix a des conséquences fiscales et sociales : comparez avant de déclarer.
  4. Déclarez la création sur le guichet unique Depuis le 1er janvier 2023, toutes les formalités (création, modification, cessation) se font obligatoirement en ligne sur formalites.entreprises.gouv.fr, le guichet unique opéré par l'INPI, qui a remplacé les centres de formalités des entreprises (CFE).
  5. Immatriculation Votre entreprise est inscrite au Registre national des entreprises (RNE) ; vous recevez vos numéros d'identification (SIREN/SIRET).
  6. Ouvrez votre compte et assurez l'activité Compte dédié si nécessaire (voir ci-dessous), assurances professionnelles selon l'activité, puis déclarations sociales et fiscales au fil de l'activité.

Aides gratuites, ouvertes à tous

🧭

BGE

Réseau associatif d'accompagnement à la création : aide au business plan, tests d'activité, suivi post-création. bge.asso.fr

💶

Adie

Microcrédit et accompagnement pour les personnes qui n'ont pas accès au crédit bancaire — y compris entrepreneurs étrangers en situation régulière. adie.org

🏙️

CitésLab (Bpifrance)

Chefs de projet de proximité qui aident à faire émerger un projet, notamment dans les quartiers prioritaires. citeslab.fr

🏛️

CCI et CMA

Chambres de commerce et d'industrie et chambres de métiers et de l'artisanat : information, formations et ateliers pour les créateurs.

Ces accompagnements sont accessibles quel que soit votre pays d'origine, dès lors que vous êtes autorisé à entreprendre en France.

Banque et compte professionnel

Questions fréquentes

Puis-je créer une micro-entreprise avec une carte de séjour « étudiant » ?

La carte « étudiant » autorise une activité salariée à titre accessoire, dans la limite de 964 heures par an (60 % de la durée annuelle légale de travail), sans autorisation de travail. Elle ne figure pas parmi les titres qui permettent d'exercer une activité indépendante : pour créer votre entreprise, il faut en principe demander un changement de statut (carte « entrepreneur/profession libérale » par exemple). Pendant vos études, le statut national d'étudiant-entrepreneur (dispositif Pépite) permet de préparer votre projet, et à l'issue du diplôme la carte « recherche d'emploi ou création d'entreprise » peut prendre le relais.

Quelles conditions pour la carte de séjour « entrepreneur/profession libérale » ?

Il faut exercer une activité commerciale, artisanale, industrielle ou libérale économiquement viable, immatriculée au guichet unique des formalités des entreprises, compatible avec vos qualifications ou votre expérience, et qui vous procure des moyens d'existence suffisants : au moins 1 867,02 € par mois (montant vérifié le 17/08/2026 sur Service-Public). La première carte est valable 1 an ; une carte pluriannuelle de 4 ans est ensuite possible, sous conditions (notamment niveau A2 de français et réussite de l'examen civique).

Qu'est-ce que la carte « talent — porteur de projet » ?

C'est une carte de séjour pluriannuelle d'une durée maximale de 4 ans destinée aux créateurs d'entreprise et investisseurs. Pour un projet de création d'entreprise, il faut justifier d'un investissement d'au moins 30 000 € dans le projet, de ressources au moins égales au SMIC pour un temps plein, et obtenir au préalable un avis du ministère chargé de l'économie sur le caractère réel et sérieux du projet. Un parcours « investisseur » distinct exige un investissement direct d'au moins 300 000 € en France.

Où déclarer la création de mon entreprise ?

Depuis le 1er janvier 2023, toutes les formalités de création, de modification et de cessation d'entreprise se font obligatoirement en ligne sur le guichet unique des formalités des entreprises (formalites.entreprises.gouv.fr), opéré par l'INPI. Il remplace les anciens centres de formalités des entreprises (CFE) et alimente le Registre national des entreprises (RNE).

Une banque peut-elle refuser d'ouvrir mon compte professionnel ?

Une banque peut refuser une ouverture de compte, mais il existe une procédure de droit au compte auprès de la Banque de France, qui peut désigner une banque tenue de vous ouvrir un compte avec les services bancaires de base. Pour un micro-entrepreneur, un compte dédié à l'activité (compte courant séparé ou compte professionnel) devient obligatoire lorsque le chiffre d'affaires dépasse 10 000 € pendant 2 années civiles consécutives.

Quelles aides gratuites pour créer son entreprise quand on est étranger ?

Les dispositifs d'accompagnement à la création sont ouverts à toute personne autorisée à entreprendre en France, sans condition de nationalité : le réseau associatif BGE (accompagnement de projet), l'Adie (microcrédit et accompagnement pour les personnes qui n'ont pas accès au crédit bancaire), les CitésLab de Bpifrance (émergence de projets dans les quartiers), ainsi que les chambres de commerce (CCI) et des métiers (CMA).

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Sources officielles

ℹ️ Ces informations sont générales et ne constituent pas un conseil juridique individualisé. Pour votre situation précise, rapprochez-vous de votre préfecture, d'un point d'accueil numérique ou d'une association d'aide aux étrangers.