L'essentiel
- Beaucoup de titres permettent de travailler sans autorisation séparée : carte de résident, « vie privée et familiale », « talent », « recherche d'emploi ou création d'entreprise », visa vacances-travail…
- Avec un titre « étudiant », vous pouvez travailler 964 heures par an maximum (60 % de la durée annuelle légale), sans autorisation de travail (régime spécial pour les Algériens).
- Pour une carte « salarié » ou « travailleur temporaire », c'est l'employeur qui demande l'autorisation de travail, en ligne, sur le téléservice du ministère de l'Intérieur.
- Le changement de statut étudiant → salarié se demande dans les 2 mois avant l'expiration de la carte étudiant, sur l'ANEF.
- Jusqu'au 31 décembre 2026, une admission exceptionnelle au séjour existe pour les travailleurs des métiers en tension (12 mois de travail sur 24, 3 ans de résidence).
- Vos droits au travail sont les mêmes que ceux de tout salarié : SMIC, contrat, congés, prud'hommes.
Quels titres de séjour permettent de travailler ?
Vous n'avez pas besoin d'autorisation de travail séparée si vous détenez notamment l'un de ces documents :
- la carte de résident ou la carte de résident de longue durée – UE ;
- la carte de séjour « vie privée et familiale » ;
- la carte de séjour « talent » ;
- la carte ou l'autorisation provisoire de séjour « recherche d'emploi ou création d'entreprise » ;
- le VLS-TS ou la carte « étudiant » / « étudiant — programme de mobilité » (dans la limite de 964 heures par an) ;
- le visa « vacances-travail ».
Dans les autres cas (recrutement d'un salarié étranger, changement de statut vers « salarié » ou « travailleur temporaire »), une autorisation de travail est nécessaire : voir ci-dessous.
Étudiant : combien d'heures pouvez-vous travailler ?
Avec un VLS-TS « étudiant » validé ou une carte de séjour « étudiant », vous pouvez travailler 964 heures par an maximum, soit 60 % de la durée annuelle légale du travail, sans demander d'autorisation de travail. Votre employeur doit seulement adresser une déclaration nominative à la préfecture au moins 2 jours ouvrables avant l'embauche.
⚠️ Dépasser le plafond de 964 heures vous expose au retrait ou au refus de renouvellement de votre titre de séjour. Suivez vos heures cumulées sur l'année, tous employeurs confondus.
Cas particulier : étudiants algériens
Les étudiants algériens relèvent de l'accord franco-algérien, pas du droit commun. Ils détiennent un certificat de résidence et doivent obtenir une autorisation de travail avant d'être embauchés (y compris pour un contrat d'apprentissage ou de professionnalisation), dans la limite de 50 % de la durée annuelle de travail pratiquée dans la branche ou la profession concernée.
L'autorisation de travail : une démarche faite par l'employeur
Quand une autorisation de travail est nécessaire, c'est l'employeur (ou son mandataire) qui la demande, uniquement en ligne, sur le téléservice du ministère de l'Intérieur (accessible depuis la fiche officielle citée en sources). Points clés :
- Critère principal : le poste figure sur la liste des métiers en tension, ou l'offre d'emploi a été publiée 3 semaines consécutives auprès du service public de l'emploi dans les 6 derniers mois sans candidature satisfaisante.
- Rémunération : elle ne peut pas être inférieure au SMIC.
- Employeur : à jour de ses obligations sociales, sans condamnation pour travail illégal (attestation de cotisations de moins de 6 mois).
- Délai de réponse : 2 mois ; l'absence de réponse vaut refus implicite. Un refus peut être contesté dans les 2 mois (recours administratif ou contentieux).
Changement de statut étudiant → salarié, pas à pas
- Anticipez le calendrier. La demande de changement de statut se dépose dans les 2 mois qui précèdent l'expiration de votre carte « étudiant », en ligne sur l'ANEF.
- Obtenez une promesse d'embauche ou un contrat. Sans contrat de travail signé ou promesse d'embauche, pas de carte « salarié » (CDI) ni « travailleur temporaire » (CDD).
- Votre employeur demande l'autorisation de travail en ligne (voir section précédente).
- Vérifiez si la situation de l'emploi vous est opposable. Elle ne l'est pas si le métier est en tension, ou si l'emploi est en lien avec votre diplôme et rémunéré au moins 2 800,53 € brut par mois (montant en vigueur, vérifié le 17/08/2026). Les ressortissants de pays liés à la France par un accord migratoire (Bénin, Burkina Faso, Cap-Vert, Congo, Gabon, Géorgie, Maurice, Sénégal, Tunisie) bénéficient de listes de métiers élargies sans opposabilité.
- Déposez le dossier et suivez-le sur l'ANEF. En cas de difficulté, un point d'accueil en préfecture ou une association d'aide aux étrangers peut vous accompagner gratuitement.
Titulaires d'une licence professionnelle ou d'un master : vous pouvez aussi passer par la carte « recherche d'emploi ou création d'entreprise » (ci-dessous) ou, selon le salaire, par la carte « talent ».
Jeunes diplômés : la carte « recherche d'emploi ou création d'entreprise » (RECE)
La carte RECE permet de rester en France après le diplôme pour chercher un emploi ou créer une entreprise :
- Diplômes éligibles : master ou niveau équivalent — licence professionnelle, mastère spécialisé, Master of Science labellisé par la Conférence des grandes écoles.
- Durée : 1 an, non renouvelable. Elle donne le droit de travailler sans autorisation de travail.
- Quand la demander : en France, avec une carte « étudiant » et un diplôme obtenu depuis moins de 12 mois ; ou depuis l'étranger (sous forme de VLS-TS) dans les 4 ans suivant l'obtention du diplôme français.
- Coût : 150 € en France (50 € de droit de timbre + 100 € de taxe).
- Et après : si vous trouvez un emploi en lien avec votre formation rémunéré au moins 2 800,53 € brut par mois, vous basculez vers une carte « salarié » ou « travailleur temporaire » sans que la situation de l'emploi soit opposable.
- Exception : les étudiants algériens n'y ont pas accès (accord bilatéral distinct) ; certains ressortissants relèvent d'une autorisation provisoire de séjour (APS) prévue par accord bilatéral.
Métiers en tension et admission exceptionnelle par le travail (état du droit au 17/08/2026)
La loi du 26 janvier 2024 a créé une admission exceptionnelle au séjour pour les travailleurs sans titre exerçant un métier en tension (article L.435-4 du Ceseda). Le dispositif s'applique jusqu'au 31 décembre 2026. Conditions :
- avoir travaillé comme salarié dans un métier et une zone géographique en tension pendant au moins 12 mois, consécutifs ou non, au cours des 24 derniers mois ;
- occuper actuellement un emploi relevant de ces métiers et zones ;
- justifier d'une résidence ininterrompue d'au moins 3 ans en France.
La demande est individuelle : la participation de l'employeur n'est pas obligatoire. Le préfet apprécie aussi l'insertion sociale et familiale et l'adhésion aux valeurs de la République. En cas d'accord, une carte « travailleur temporaire » ou « salarié » d'un an est délivrée. Les listes de métiers en tension sont fixées par région par un arrêté du 21 mai 2025.
Vos droits au travail sont les mêmes, quel que soit votre titre
Dès que vous travaillez en France, le droit du travail s'applique intégralement, sans distinction de nationalité ou de titre de séjour :
- SMIC : au 1er janvier 2026, 12,31 € brut de l'heure, soit 1 867,02 € brut par mois pour 35 heures hebdomadaires. Aucun employeur ne peut payer moins.
- Contrat, bulletins de paie, durée du travail, congés payés : les mêmes règles que pour tout salarié.
- En cas de litige (salaires impayés, licenciement, conditions de travail) : vous pouvez saisir le conseil de prud'hommes. Les syndicats, les maisons de justice et du droit et les associations d'aide aux étrangers peuvent vous accompagner gratuitement.
Questions fréquentes
Combien d'heures un étudiant étranger peut-il travailler en France ?
Avec un VLS-TS ou une carte de séjour « étudiant », vous pouvez travailler au maximum 964 heures par an, soit 60 % de la durée annuelle légale du travail, sans autorisation de travail. Votre employeur doit simplement déclarer votre embauche à la préfecture au moins 2 jours ouvrables avant. Le régime est différent pour les étudiants algériens : une autorisation de travail est nécessaire, dans la limite de 50 % de la durée annuelle de travail de la branche concernée.
Qui demande l'autorisation de travail : moi ou mon employeur ?
C'est l'employeur (ou son mandataire) qui demande l'autorisation de travail, uniquement en ligne, sur le téléservice du ministère de l'Intérieur. L'administration a 2 mois pour répondre ; l'absence de réponse vaut refus. Certains titres dispensent d'autorisation : carte de résident, carte « vie privée et familiale », carte « talent », carte « recherche d'emploi ou création d'entreprise », visa vacances-travail, notamment.
Comment passer du statut étudiant au statut salarié ?
Vous demandez le changement de statut dans les 2 mois qui précèdent l'expiration de votre carte « étudiant », en ligne sur le site de l'ANEF. Votre employeur demande l'autorisation de travail. La situation de l'emploi peut vous être opposée, sauf si le métier figure sur la liste des métiers en tension ou si l'emploi est en lien avec votre diplôme et rémunéré au moins 2 800,53 € brut par mois (montant vérifié le 17/08/2026).
Qu'est-ce que la carte « recherche d'emploi ou création d'entreprise » (RECE) ?
C'est une carte de séjour d'un an, non renouvelable, pour les diplômés d'un master ou équivalent (licence professionnelle, mastère spécialisé, Master of Science labellisé par la Conférence des grandes écoles). Elle permet de chercher un emploi ou de créer une entreprise. Elle se demande en France dans les 12 mois suivant le diplôme, ou depuis l'étranger dans les 4 ans. Les étudiants algériens relèvent d'un accord bilatéral distinct et n'y ont pas accès.
La régularisation par les métiers en tension existe-t-elle encore en 2026 ?
Oui. Le dispositif d'admission exceptionnelle au séjour « métiers en tension » (article L.435-4 du Ceseda, issu de la loi du 26 janvier 2024) s'applique jusqu'au 31 décembre 2026. Il faut justifier de 12 mois de travail salarié (consécutifs ou non) dans un métier en tension au cours des 24 derniers mois, occuper actuellement un emploi dans un métier en tension et résider en France de façon ininterrompue depuis au moins 3 ans. La participation de l'employeur n'est pas obligatoire.
Ai-je les mêmes droits au travail qu'un salarié français ?
Oui. Dès lors que vous travaillez en France, le droit du travail s'applique de la même façon quel que soit votre titre de séjour : SMIC (12,31 € brut de l'heure au 1er janvier 2026, soit 1 867,02 € brut par mois pour 35 heures), contrat de travail, durée légale, congés payés. En cas de litige avec votre employeur, vous pouvez saisir le conseil de prud'hommes.
Pour aller plus loin
Sources officielles
- Un étudiant non européen peut-il travailler en France ? — Service-Public.gouv.fr (consulté le 17/08/2026)
- Autorisation de travail d'un salarié étranger en France — Service-Public.gouv.fr (consulté le 17/08/2026)
- Étudiant étranger : travailler en France après les études — Service-Public.gouv.fr (consulté le 17/08/2026)
- Carte de séjour « recherche d'emploi ou création d'entreprise » — Service-Public.gouv.fr (consulté le 17/08/2026)
- Loi immigration : quels changements dans le volet « travail » ? — Service-Public.gouv.fr (consulté le 17/08/2026)
- Admission exceptionnelle au séjour — métier en tension (art. L.435-4 Ceseda) — Préfecture de la Charente-Maritime (consulté le 17/08/2026)
- SMIC (salaire minimum de croissance) — Service-Public.gouv.fr (consulté le 17/08/2026)
ℹ️ Ces informations sont générales et ne constituent pas un conseil juridique individualisé. Pour votre situation précise, rapprochez-vous de votre préfecture, d'un point d'accueil numérique ou d'une association d'aide aux étrangers.